Élection présidentielle 2017 : quels programmes pour les retraites ?

Par Pascale Gauthier | Publié le 10 avril 2017 dans l’UFE Hebdo

Refonte complète du système, harmonisation du public et du privé ou aménagements du système existant ? Recul de l’âge de la retraite ou au contraire retour à la retraite à 60 ans ? Quand on compare les programmes consacrés aux retraites des candidats, les divergences sont nombreuses…

Les candidats s’accordent sur le sujet d’une augmentation des petites retraites et pour certains d’entre eux, des pensions de réversion. Mais un seul propose de conclure des conventions de retraites multilatérales et cumulables entre elles.

Faut-il modifier l’âge de la retraite ?

En 2017, en dehors des régimes spéciaux et des catégories actives de la Fonction Publique, les assurés doivent attendre l’âge de 62 ans pour demander leurs retraites.

Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen souhaitent revenir à la retraite à 60 ans avec 40 annuités pour le droit au taux plein. François Fillon propose de repousser l’âge de la retraite à 65 ans mais ne dit pas s’il accompagnerait ce recul d’une augmentation de la durée de cotisation requise pour le taux plein. Emmanuel Macron et Benoît Hamon ne souhaitent pas modifier l’âge de départ.

Au-delà d’une modification de l’âge de départ, d’autres questions se posent :

  • que décideront les régimes complémentaires ?
  • la durée requise pour le taux plein augmentera-t-elle simultanément ?
  • que deviendra le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue ?

Jusqu’où irait la refonte du système ?

Emmanuel Macron souhaite une réforme en profondeur du système actuel qui resterait un système par répartition. Mais dont la structure serait indépendante des statuts des assurés et dans lequel un euro cotisé donnerait les mêmes droits.

Cette refonte suppose une convergence du public et du privé également voulue par François Fillon.

Cette harmonisation porterait sur les âges de départ et sur les modalités de calcul des pensions instaurant un salaire de référence évalué de la même façon et un taux de liquidation identique.

Emmanuel Macron souhaite également qu’un euro cotisé donne les mêmes droits quel que soit le statut de l’assuré.

Sur cet objectif, la comparaison aujourd’hui entre régimes par annuités (la plupart des régimes de base) et régimes à points n’est pas possible. Par contre, on constate que la disparité entre les différents régimes à point existants est grande. Pour 1 000 € cotisés les salariés du privé obtiendront 61,80 € quand un assureur obtiendra 35,30 € ou un avocat 101 €.

Emmanuel Macron réfléchirait aussi à un régime par répartition en comptes notionnels comparable à celui instauré en Suède en 1998. Les cotisations de chaque assuré sont enregistrées dans un compte notionnel sans conversion préalable en points. À la liquidation des droits, la rente viagère reversée dépend de l’âge de l’assuré et de l’espérance de vie de sa classe d’âge.

Deux facteurs importants ont facilité la mise en œuvre de ce nouveau régime en Suède : des réserves financières et un système de retraite déjà unifié.

Quel qu’il soit, le nouveau régime ne permettrait pas de réduire le déficit existant. Pour cette raison, François Fillon semble considérer que le retour à l’équilibre des régimes de retraite est un préalable à une refonte systémique. Elle passe, selon lui, par un recul de l’âge de départ.

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