Retraites Agirc-Arrco : ce qui va changer en 2019

Par Roselyne Poznanski | Article Retraites Agirc-Arrco : ce qui va changer en 2019 publié le 3 avril 2018 dans Le Dossier Familial

Dossier Familial Retraites Agirc-Arrco

La réforme des retraites complémentaires Agirc et Arrco, décidée en 2015, entraînera d’importants changements pour les futurs retraités du secteur privé à compter de 2019.

L’instauration d’un malus et d’un bonus

Pour préserver l’équilibre financier des régimes de retraite complémentaire des salariés du secteur privé (Arrco pour les non-cadres, Arrco et Agirc pour les cadres et assimilés), les partenaires sociaux ont signé, le 30 octobre 2015, un accord qui concerne 18 millions d’actifs. « Sa portée sera sensible, puisque les retraites complémentaires des salariés du privé représentent 30 % environ du total des pensions perçues actuellement par un salarié non cadre du privé, et pas moins de 60 % pour un salarié cadre », prévient François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco.

Le malus potentiel sur les retraites Agirc-Arrco

Aujourd’hui, un salarié qui part à la retraite à l’âge légal (62 ans pour toutes les générations nées en 1955 ou après), ou avant s’il peut se prévaloir d’une carrière longue, par exemple, perçoit sa retraite de base à taux plein et ses retraites complémentaires sans abattement. À compter du 1er janvier 2019, ce principe changera : les retraites complémentaires ne seront plus versées à hauteur de 100 % de leur montant, mais de 90 % seulement. Petite consolation, ce « malus » de 10 %, appelé coefficient de solidarité, s’appliquera les trois premières années de votre retraite, et uniquement dans la mesure où vous n’avez pas encore atteint 67 ans. La quatrième année et les suivantes, vos pensions de retraite complémentaires seront versées en totalité.

Exemples : un salarié qui atteint son taux plein à 63 ans subira ce malus jusqu’à ses 66 ans révolus. Un autre salarié ayant son taux plein à 65 ans en raison d’une entrée tardive dans la vie professionnelle verra ses retraites complémentaires minorées de 10 % uniquement pendant deux ans.

« Ce système de retraite à la carte permet à chacun d’être acteur de sa propre retraite, en arbitrant entre le temps et l’argent», poursuit François-Xavier Selleret.

Travailler une année de plus pour échapper au malus

Avant vos 70 ans, votre employeur ne peut pas vous contraindre à demander votre retraite. Même si vous respectez les critères pour y prétendre à 60 ans ou à 62 ans à taux plein, rien ne vous empêche de travailler une ou plusieurs années de plus. Soit vous poursuivez votre activité comme avant, soit vous réduisez votre temps de travail avec l’accord de votre employeur. Sous réserve de remplir certaines conditions (150 trimestres d’assurance vieillesse engrangés, etc.), vous pouvez même bénéficier d’une retraite progressive qui permet de travailler à temps partiel et percevoir en plus du revenu professionnel, une fraction de la retraite.

Autre avantage : vos futures pensions seront définitivement recalculées lorsque vous cesserez toute activité professionnelle. Quelle que soit l’option choisie, « il convient de bien mesurer au préalable ce que représentent les 10 % de minoration temporaire », conseille Pascale Gauthier, directrice associée de Novelvy Retraite.

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